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Appel à communications


Journée d'études CONSCILA
Vers une extension du domaine de la phraséologie


Dates : 21 janvier 2011

Lieu : ENS
45 rue d'Ulm
75005 Paris

Contacts :


Site web :


Appel à communication

Journée d’études CONSCILA (Confrontations en Sciences du Langage) du
21 janvier 2011
Paris, ENS, 45, rue d’Ulm 75005



Organisée par

Dominique Legallois, CRISCO, Université de Caen

Agnès Tutin, LIDILEM, Université Stendhal Grenoble III



Vers une extension du domaine de la phraséologie




Les études sur la phraséologie, essentiellement lexicologiques à
l’origine, se sont récemment étendues à d’autres disciplines de la
linguistique, telles que la syntaxe, la didactique, le traitement
automatique des langues ou la psycholinguistique. De façon
consensuelle, ces analyses soulignent depuis Bally (1909) l’importance
quantitative de la phraséologie en discours, importance qui légitime
sa place au sein des thématiques fondamentales de la linguistique.

Les études d’inspiration lexicologique ont souvent défini les
phénomènes phraséologiques par les critères de figement syntaxique et
sémantique (Granger Paquot 2008), dans un continuum allant des
collocations aux locutions figées en passant par les expressions
idiomatiques métaphoriques (Cowie 1981 ; Gross 1996 ; Mel'cuk 1998).
Cependant, d’autres approches basées sur l’usage ont récemment élargi
cette définition traditionnelle de la phraséologie, en intégrant les
critères de fréquence, de récurrence et de mémorisation comme
paramètres fondamentaux dans les modèles linguistiques (Legallois
Gréa, 2006), qu’il s’agisse de la linguistique de corpus anglaise dans
la lignée de Sinclair (1991) et son principe idiomatique (idiom
principle), des modèles issus des grammaires de construction (Fillmore
et al. 1988 ; Croft Cruse 2004 ) ou des approches du Traitement
Automatique des Langues qui exploitent les régularités statistiques
pour mettre au jour des segments répétés ou des collocations (par
exemple, Evert 2008).


La journée d’étude Conscila a pour objectif d’explorer ces nouvelles
perspectives sur la phraséologie, en faisant l’hypothèse que la
productivité du phénomène dans les discours n’est pas le seul argument
qui doive en faire un phénomène linguistique de premier plan. Il
s’agirait aussi de voir dans la phraséologie un principe systématique
d’agencement présent à plusieurs niveaux de l’analyse linguistique.


Sans prétention d’exhaustivité, on peut mentionner les thèmes suivants
au cœur d’une conception phraséologique de la langue :

- Les solidarités discontinues mais récurrentes entre des items
lexicaux, permettant éventuellement de repenser les rapports entre co-
occurrence et collocation ;

- La tendance de certains lexèmes à être employés dans des
agencements syntaxiques particuliers, ou dans des syntagmes assurant
une fonction syntaxique particulière (ce qui est parfois nommé
colligation) ;

- La fonction des segments répétés ou « n-grammes », ou, de
façon plus large, des « cadres collocationnels » qui sont susceptibles
de discriminer un genre ou un registre ;

- Les attitudes pragmatiques ou énonciatives liées à l’emploi de
certaines unités phraséologiques dans des configurations spécifiques,
ou encore à des patrons prosodiques ou rythmiques particuliers ;

- Le rôle de la phraséologie ou des solidarités lexicales, dans
la cohésion et la cohérence textuelle.


Ces quelques pistes de réflexion s’inscrivent donc dans une
perspective générale tendant à dépasser les « simples » problématiques
des constituants figés ; il s’agirait alors de concevoir la
phraséologie comme un mode fondamental de la manifestation expressive
et / ou fonctionnelle des unités linguistiques.


Nous encourageons donc les collègues à proposer une communication
s’inscrivant dans le cadre d’une conception étendue de la
phraséologie, telle qu’esquissée ici ; les travaux peuvent porter sur
des analyses précises, mais aussi sur des aspects théoriques et
historiques, ou encore sur des points de formalisation, en vue, par
exemple, du traitement automatique. Toute langue peut être abordée.



La proposition de communication devra être développée (minimum 3
pages, avec bibliographie) ; elle devra être envoyée avant le 15
octobre 2010 à Agnès Tutin agnes.tutin [ à ] u-grenoble3.fr et à Dominique
Legallois dominique.legallois [ à ] unicaen.fr



Bally, Ch. (1909). Traité de stylistique française. Paris : Klincksieck.

Cowie, A. (1981). The treatment of collocations and idioms in
learners' dictionaries. Applied Linguistics, II(3), 223-235.

Croft, W. Cruse, D.A. (2004). Cognitive linguistics. Cambridge,
London: Cambridge University Press.

Evert, Stefan (2008). Corpora and collocations. In A. Lüdeling and M.
Kytö (eds.), Corpus Linguistics. An International Handbook, article
58. Berlin: Mouton de Gruyter.

Fillmore, C., Kay, P. and O’Connor, M.K. 1988. Regularity and
idiomaticity in grammatical constructions: The case of let alone.
Language, 64: 501-38

Granger, S. Paquot, M. (2008). Disentangling the phraseological
web. In Granger, S. Meunier, F. Phraseology: An interdisciplinary
perspective, 27-49. Amsterdam/Philadelphia: John Benjamins.

Gross, G. (1996). Les expressions figées en français : noms composés
et autres locutions. Paris : Ophrys.

Legallois, D., Gréa, Ph. (2006). La grammaire de construction. «
Autour des grammaires de construction », n° coordonné par Dominique
Legallois et Jacques François, Cahiers du Crisco, N° 21, janvier 2006,
5-27.

Mel'cuk, I. (1998). Collocations and Lexical Functions. In A. P.
Cowie (ed), Phraseology. Theory, Analysis and Applications, 23-53.
Oxford : Clarendon Press.

Sinclair, J. (1991). Corpus, concordance, collocation. Oxford: Oxford
University Press.