Détails colloque
|
|
| Dates
: 24 - 26 mars 2011 |
| Lieu : Metz |
| La
« logique » du sens : de la sémantique à
la lexicographie. Débat
critique autour des propositions de Robert Martin Metz,
24-26 mars 2011 colloque
placé sous le patronage de la Société de linguistique romane Le
CELTED (Université Paul Verlaine-Metz), l’ATILF (CNRS-Nancy
Université) et la MSH Lorraine, axe « langues, textes et
documents », souhaitent organiser un colloque afin de
discuter les propositions avancées par Robert Martin dans ses
ouvrages et articles. Les communications seront distribuées en deux
thématiques qui structurent fortement les apports de R. Martin au
débat linguistique : la sémantique d’une part, la
lexicographie de l’autre. L’œuvre
sémantique de Robert Martin porte sur la sémantique lexicale et sur
la sémantique de la phrase avec des « propositions »
qui ont à la fois une portée générale et une influence
« paroissiale ». L’originalité de son
approche est d’avoir su lier le lexical et le phrastique, le
général et le particulier au moyen du fil rouge de la vérité en
mettant sur pied une sémantique vériconditionnelle, qui s’appuie
sur la logique, mais qui ne s’y réduit pas. Robert Martin
promeut en effet une véritable « logique du sens »,
capable de calculer les liens de vérité qui unissent les phrases à
partir du potentiel sémantique des unités qu’elles comportent.
Il sera intéressant, entre autres : 1. de
cerner l’originalité de son modèle par rapport aux
autres approches et modèles sémantiques (logiques ou non)
disponibles actuellement et de faire ressortir son pouvoir
explicatif. 2. de
mettre en avant la pertinence et la validité des concepts théoriques
et opératoires forgés par Robert Martin à l’intérieur de
son modèle telles que les notions d’univers de croyance,
d’image d’univers, etc. Soit en les confrontant à
des notions ou concepts d’autres approches, soit en les
appliquant à des phénomènes linguistiques pour lesquels
ils n’ont pas encore été employés. 3. de
tracer et d’organiser l’extension des domaines, champs,
catégories et constructions grammaticales, etc., abordés par Robert
Martin : relations lexicales (polysémie, synonymie, antonymie),
inférences (implication, présupposition) temporalité et temps
grammaticaux, modes et modalités, négation et termes négatifs,
déterminants (défini/indéfini et détermination/indétermination) et
quantificateurs, phrases exclamatives, concession, noms propres, noms
abstraits, thème et focalisation, métaphores, ironie, fiction,
etc. 4. de
mesurer l’apport des analyses de Robert Martin sur tel ou tel
de ces sujets. 5. de
formuler à partir de son modèle des perspectives
d’extension théorique et méthodologique, soit en sémantique
lexicale, soit en sémantique grammaticale, soit encore dans
l’interface qui unit les deux. Robert
Martin a participé à deux entreprises lexicographiques
majeures, le Trésor
de la langue française (TLF)
et le Dictionnaire
du moyen français (DMF),
dont il assure toujours la direction scientifique. Cette expérience
lui a donné l’occasion d’avancer plusieurs propositions
méthodologiques. En ce domaine, il sera intéressant, entre autres : 1. de
mettre en relation ses propositions méthodologiques en matière
lexicographique avec son modèle sémantique ou bien d’étudier
les apports de ce modèle à la lexicographie. 2. de
discuter les options méthodologiques du DMF ainsi que ses
perspectives de développement ou d’exploitation. A cet égard,
on pourrait s’appuyer sur les travaux consacrés par R. Martin à
la lexicographie évolutive, à la préfixation, au traitement de
la langue scientifique et des mots grammaticaux, aux graphies, etc. 3. d’explorer
la jonction entre la lexicographie et le TAL, étudiée à
plusieurs reprises par Robert Martin ces dernières années. 4. d’envisager
les perspectives offertes par la « modularité
lexicographique », préconisée récemment par R. Martin,
sans avoir encore été mise en application. En permettant de dépasser
l’arborescence bidimensionnelle de la lexicographie
traditionnelle, la modularité permettrait de tenir enfin compte de la
réalité multidimensionnelle du « signifié de langue ». On
l’aura compris, il ne s’agit pas pour le contributeur de
prendre prétexte de tel ou tel point du travail de Robert Martin pour
exposer en fait sa propre recherche, mais bien de se placer au centre
des préoccupations et analyses de l’oeuvre de Robert Martin et
d’en discuter les tenants et aboutissants théoriques afin d’en
faire sortir toute la «substantifique moelle». Les
propositions de communication, comprenant le titre définitif, la
problématique générale, ainsi qu'un bref descriptif des contenus
– sans oublier les nom, prénom, fonction et établissement
d'appartenance –, sont à adresser par courriel
avant le 31 août 2010 à Frédéric Duval
(fduval@atilf.fr). Comité
d’organisation : Frédéric Duval (Université Paul
Verlaine-Metz /CELTED), Georges Kleiber (Université de
Strasbourg/LILFA), Jean-Marie Pierrel (ATILF/Nancy Université et
CNRS). Comité
scientifique : Sylvie Bazin-Tachella (Nancy Université), Jacques
François (Université de Caen), Frankwalt Möhren (Université de
Heidelberg), Laurent Perrin (Université Paul Verlaine-Metz), David
Trotter (Université de Aberystwyth),
Marc Wilmet (Université libre de Bruxelles). Bibliographie
indicative : Martin
R., 1966, Le
mot «rien» et ses concurrents dans l’histoire du
français,
Paris, Klincksieck. Martin
R., 1971, Temps
et aspect. Essai sur l’emploi des temps narratifs en moyen
français,
Paris, Klincksieck. Martin
R., 1976, Inférence,
antonymie et paraphrase,
Paris, Klincksieck. Martin,
R., 1983 (2e
éd. 1992), Pour
une logique du sens,
Paris, PUF. Martin
R., 1987, Langage
et croyance. Les «univers de croyance» dans la théorie
sémantique,
Bruxelles, Mardaga. Martin
R., 2001, Sémantique
et automate,
Paris, PUF. Martin,
R., 2002, Comprendre
la linguistique,
Paris, PUF.
Martin, R., 2004, « Le couple préfixal en- / -es
( e- / ex-) en moyen français », dans
Romania, t. 122, p.1-45.
Martin, R., 2006, « Sémantique préfixale du moyen français
: les préfixes de- / des- », dans Lexique,
t. 17, p.29-53.
Martin, R., 20071, « Pour un dictionnaire
grammatical du moyen français », dans Discours,
diachronie, stylistique du français. Etudes en hommage à
Bernard Combettes, Berne, Peter Lang, p.371-381.
Martin, R., 20072, « Sur la nature du "signifié
de langue". Réflexions de lexicographe », dans Bull.
Soc. Ling. de Paris, t. 102, p.17-33.
Martin, R., 20073, « Le Traitement
lexicographique des mots scientifiques et techniques »,
dans Lexiques scientifiques et techniques, Constitution et
approche historique, sous la dir. de O. Bertrand, H. Gerner
et B. Stumpf, Paris, Les Editions de l’Ecole polytechnique,
p.27-33. |