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La négation et la négativité en langue et en discours

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Bibliographie

JOURNÉE D’ÉTUDE

« La négation et la négativité en langue et en discours »

Organisation : Lidia Lebas-Fraczak, Université Clermont Auvergne, LRL (France), et Merete Birkelund, Université d’Aarhus, Institut de Communication et de Culture (Danemark).
Date : vendredi 9 novembre 2018.
Lieu : MSH, 4 rue Ledru, Clermont-Ferrand.

Introduction :
Si l’on admet l’idée selon laquelle la fonction fondamentale de la langue est liée à l’interactionsociale, la négation peut être considérée comme un phénomène central pour la linguistique, et notamment pour la sémantique et la pragmatique. En effet, de nombreux analystes attribuent à la négation une qualité « interactive » (« polyphonique », « polémique ») consistant dans un acte de contredire une affirmation ou une idée présupposée. Dans cette perspective, un énoncé négatif est
envisagé comme véhiculant les deux « voix » qui ainsi s’opposent (Ducrot, 1984). L’un des sujets de débat concerne les rapports entre cette valeur-là et la valeur « monophonique » ou « descriptive ». Peut-on admettre, avec O. Ducrot (1984) et H. Nølke (1992 ; 2017), que la valeur « polyphonique » constitue la valeur fondamentale, primaire, de la négation, la valeur « monophonique » en étant
dérivée ? Ou est-il plus juste de postuler une valeur sémantique plus générale, pouvant donner lieu à des interprétations différentes – polémique, descriptive ou autre – lors de l’emploi de la négation en discours (cf. Moeschler, 1992 ; Larrivée & Perrin, 2010) ? Outre la question de la possibilité d’une analyse générale et celle du nombre de valeurs de la négation et de leur nature, les études linguistiques
se penchent sur la variété de sens et d’effets particuliers que les différentes expressions négatives permettent de construire dans différents contextes (ex. atténuation, ironie, focalisation, argumentation), et donc sur la façon dont les locuteurs investissent et interprètent les expressions négatives dans la communication. Inversement, on constate qu’un sens négatif peut apparaître via l’emploi de moyens linguistiques autres que les expressions négatives à proprement parler. Bien que la vaste problématique de la négation/négativité interpelle les linguistes depuis toujours, l’intérêt qu’elle suscite ne faiblit pas, ce dont témoignent les colloques et les recueils récents (ex. Larrivée & Lee, 2016 ; Roitman, 2017). Les présentations et les discussions qui auront lieu lors de la journée d’étude La négation et la négativité en langue et en discours permettront d’y apporter de nouveaux éclairages.
Références :
Ducrot, O. (1984), Le dire et le dit, Paris, Les Éditions de Minuit.
Larrivée, P. & Lee, C. (eds) (2016), Negation and Polarity : Experimental Perspectives, Dordrecht, Springer.
Larrivée, P. & Perrin, L. (2010), Voix et points de vue de la négation, dans M. Colas-Blaise, M. Kara, L. Perrin & A.
Petitjean (éds), Recherches Linguistiques, 31, La question dialogique ou polyphonique en sciences du langage,
Metz, Université Paul Verlaine, 175-195.
Moeschler, J. (1992), Une, deux ou trois négations ?, Langue française, 94, Les négations, 8-25.
Nølke, H. (1992), Ne...pas : Négation descriptive ou polémique ? Contraintes formelles sur son interprétation,
Langue Française, 94, 48-67.
Nølke, H. (2017), Interpretations of the French negation ne...pas, in M. Roitman (ed.), The Pragmatics of
Negation. Negative meanings, uses and discursive functions, Amsterdam / Philadelphia, John Benjamins, 149-
166.
Roitman, M. (ed.) (2017), The Pragmatics of Negation. Negative meanings, uses and discursive functions,
Amsterdam / Philadelphia, John Benjamins.

PROGRAMME :
9h : Accueil
9h15 : Mot de bienvenue
9h30 : Friederike Spitzl-Dupic (Université Clermont Auvergne, LRL), « La négation dans l’histoire de
la linguistique (18e
- 19e
siècles) »

10h10 : Malin Roitman (Université de Stockholm) & Bonnie Fonseca-Greber (Université de Louisville),
« Communiquer le sens négatif dans les débats présidentiels français au fil du temps »
10h50 : Elena Albu (Université de Strasbourg / Université de Tübingen, LiLPa), « Des remarques sur
l’interprétation des adjectifs contradictoires niés »
11h30 : Paul Cappeau (Université de Poitiers, FoReLL), « Quelques remarques sur la négation dans le
corpus DECLICS »
12h30 : Déjeuner
14h : Lidia Lebas-Fraczak (Université Clermont Auvergne, LRL), « Analyse pragmatique et discursive
d’énoncés négatifs : trois types de négation revisités »
14h40 : Maria Svensson (Université d’Uppsala), « Le rôle de la négation pour la concession et le
contraste en discours »
15h20 : Merete Birkelund (Université d’Aarhus), « Les litotes négatives du type il n’est pas bête - une
question de polyphonie ? »
16h : Pierre Larrivée (Université de Caen Normandie, CRISCO), « Retour sur la présumée
polyphonie de la négation »
16h40 : Pause
17h : Discussion générale, perspectives

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