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33e colloque international du CerLiCO : COMPLÉMENT, COMPLÉMENTATION, COMPLÉTUDE : DU LACUNAIRE AU COMPLET

Deadline : 19 octobre 2018

Bibliographie

33e colloque international du CerLiCO Cercle Linguistique du Centre et de l’Ouest
UNIVERSITÉ BORDEAUX MONTAIGNE 24 – 25 mai 2019
COMPLÉMENT, COMPLÉMENTATION, COMPLÉTUDE : DU LACUNAIRE AU COMPLET

Si la notion de complément est relativement récente, fruit d’une lente élaboration qui trouve son aboutissement au XVIIIème siècle et qui a connu plus tard un avatar appauvri dans la grammaire scolaire, la notion de complétude est beaucoup plus ancienne. On trouve déjà chez les grammairiens grecs le terme d’autoteleia, qui réfère à cette propriété à la fois syntaxique et sémantique que doivent comporter les énoncés bien formés. Curieusement, cette notion est inséparable d’une autre, apparue presque simultanément : celle d’ellipse (elleipsis), qui, tout en désignant
littéralement le manque, délimite précisément la nature de ce qui manque et remplit paradoxalement ce manque. Le colloque de Bordeaux se propose justement d’interroger ce jeu de miroir entre les lacunes de l’expression et la complétude à laquelle elles renvoient nécessairement.
Ce questionnement interroge en fait toutes les parties de la grammaire et de la structure linguistique, du phonème au discours. On sait en effet que le langage n’en dit jamais assez et qu’entre la nécessité de se faire comprendre et les contraintes de la parole et de l’échange linguistique, l’exigence d’économie et de pertinence limite fortement l’expansion des faits de langue tant dans les composantes formelles de la langue que dans les compositions discursives qu’elles autorisent. C’est ainsi qu’à ses différents niveaux, la langue recourt à des phénomènes de condensation (grammaticalisation ou stabilisation partielle de procédés énonciatifs ou discursifs telles les constructions grammaticales et/ou lexicales figées, phénomènes d’incorporation dans la construction morpho- phonologique et la « micro-syntaxe » des mots composés...), ou à un jeu sur l’absence (« signe zéro » et pauvreté des systèmes phonologiques, ou nomenclatures lexicales plus ou moins lacunaires, mais aussi l’emploi absolu des verbes, autant de phénomènes qui font souvent jouer la polysémie ou le flou sémantique des unités lexicales et des constructions).
La notion de complémentation pourra être étendue aux phénomènes d’enrichissement de la phrase par insertion et parenthésage, le cas échéant en faisant jouer la notion de prédication seconde. On pourra également s’intéresser aux
ajouts, commentaires et termes servant à clôturer la phrase ou l’énoncé, et au-delà, à une étude du discours : la complémentation pouvant être vue comme justification, et notamment comme justification de la complétude ou saturation de l’énoncé. On pourra ainsi s’interroger sur le rapport entre la complémentation et la notion de
« supplémentaire », par rapport à un énoncé considéré, à tort ou à raison, comme premier. En sémantique, on pourra également se demander si le commentaire est le complément du topique. Au niveau énonciatif, le contexte pourra être conçu comme complémentation nécessaire à la saturation de l’énoncé. Pourront aussi être un objet
d’étude : la construction du référent dans les compléments ; la modification de l’ordre des éléments opérant une focalisation sur un complément (dans un an, je serai en train de...≠ je serai en train de... dans un an).

Sans que nos propositions soient exclusives, voici un éventail d’autres thèmes et questions susceptibles d’être explorés dans le cadre de ce colloque :
• en morphologie, on pourra s’interroger sur l’affixation, c’est-à-dire dans quelle mesure elle peut parfois être considérée comme une complémentation ;
• en lexicologie, on pourra étudier les noms composés, qui sont un procédé de complémentation du nom de base et en même temps correspondent à un phénomène de réduction : en effet, l’expression de la relation entre les composés doit être inférée ;
• en syntaxe, pourront être traités :
- la distinction et la frontière entre complément et circonstant – le terme « circonstant » relevant d’une considération sémantique et le terme « complément » plutôt d’une considération syntaxique ;
- les notions d’attribut du sujet ou de l’objet (terminologie française) comparées à ce qui est nommé « predicative complement » (à orientation sujet ou objet) dans la terminologie anglaise : dans quelle mesure peut-on considérer ce que l’on dénomme traditionnellement attribut comme un
complément ?
- le statut du syntagme prépositionnel à l’intérieur du GV comme dans aller au lit : l’argument du GV peut-il être considéré comme un circonstant ?
- le statut du complément d’objet indirect
• dans le domaine de l’oral, la prosodie, permettant de pallier l’incomplétude ou de détacher un complément, ou bien son rôle complémentationnel avec les contours continuatifs ou parenthétiques apportera un éclairage très utile ;
• en didactique, des contributions sur le statut de la complémentation dans l’enseignement de la grammaire seront bienvenues ;
• dans le domaine de la linguistique contrastive, la diversité typologique de la structure des compléments pourra être étudiée ;
• enfin, dans une perspective épistémologique, pourront être présentées les syntaxes antérieures à l’apparition de la notion de complément ; les théories qui rejettent la notion de complément.

Suggestions bibliographiques
Avezard-Roger, Cécile, 2016, « Les compléments à l’école : comment s’y retrouver ? Perspectives linguistiques et
pistes didactiques », Pratiques [Online], 169-170 | 2016, URL : http://journals.openedition.org/pratiques/3093
Bourmayan, Anouch, 2014. « Les verbes à objet implicite dans le français parlé », TIPA. Travaux
interdisciplinaires sur la parole et le langage. URL : http://journals.openedition.org/tipa/1200
Chauvin Catherine, 2006. « La complémentation verbale : syntaxe ou sémantique ? At/to ». In Daniel Lebaud (éd.),
Constructions verbales et production de sens. Presses universitaires de Franche-Comté. 173-186.
Creissels Denis, 2006. Syntaxe générale : une introduction typologique, vols. I et II. Paris : Lavoisier.
Delmas, Claude (éd.), 2006. Complétude, cognition, construction linguistique. Paris : Presses de la Sorbonne
Nouvelle.
Dirven, René, 1989. “A Cognitive Perspective on Complementation”. D. Jaspers, W. Klooster, Y. Putseys &
P. Seuren (eds.), Sentential Complementation and the Lexicon. Dordrecht : Foris Publications. 113-139.
Dixon, Robert Malcom Ward et Alexandra Aikhenvald (éds), 2006. Complementation : a Cross-linguistic Typology.
Oxford & New York : Oxford University Press.
Givón Talmy, 2001. Syntax : an Introduction, vols. I et II. Amsterdam, Philadelphie : John Benjamins.
Krötsch, Monique,1984. « Complementation verbale, analyse du discours et intonation ». Zeitschrift für
französische Sprache und Literatur 94. 272-279.
Lemaréchal, Alain, 2014. « Typologie de la complémentation : la linguistique de la diversité des langues prise entre
ethnocentrisme et abstraction ». Bulletin de la Société de Linguistique de Paris. 1-87.
Mallet-Jiang, 2012. La Complétive objet en chinois. Thèse sous la dir. de C. Muller et M.-C. Paris, Bordeaux 3.
Miller, Philip, 1998. « Compléments et circonstants : une distinction syntaxique ou sémantique ? ». J-C. Souesme
(dir.), CYCNOS 15, Actes de l’atelier de linguistique, Congrès de la SAES 1997. Nice : Presses Universitaires de
Nice. 91-103.
Paillard, Denis et Jean-Jacques Franckel, 1989. « Objet – complément – repère ». Langages 24/94. 115-127.
Comité scientifique
Jean Albrespit (U. Bordeaux Montaigne), Nicolas Guillot (U. Bordeaux Montaigne), Vincent Hugou (U. Tours),
Christelle Lacassain-Lagoin (U. Pau et Pays de l’Adour), Frédéric Lambert (U. Bordeaux Montaigne), Régis

Mauroy (U. Limoges), Pierre-Yves Modicom (U. Bordeaux Montaigne), Susan Moore (U. Limoges), Catherine
Moreau (U. Bordeaux Montaigne), Sylvester N. Osu (U. Tours), Philippe Planchon (U. Tours), Olivier Polge (U.
Limoges), Joëlle Popineau (U. Tours).
Modalités de soumission
Les propositions de communication sont à envoyer pour le vendredi 19 octobre 2018 sous forme électronique.
Elles comporteront une présentation (500 mots / 3000 caractères maximum, plus références) de la problématique et
des données, ainsi qu’une brève bibliographie. Elles s’appuieront obligatoirement sur des exemples. Elles pourront
être rédigées en français ou en anglais. Les propositions seront examinées anonymement par deux membres du
comité scientifique.
Elles sont à envoyer sans mention de l’auteur/des auteurs, par courriel en fichier attaché (format .doc(x) ET .pdf)
simultanément à Catherine Moreau et Jean Albrespit à l’adresse suivante : cerlico2019@gmail.com
Merci de bien vouloir indiquer dans le corps du message :
– Le nom de l’auteur (des auteurs)
– Le titre de la communication
Informations pratiques

• Date limite d’envoi des propositions : 19 octobre 2018
• Date de notification aux auteurs : 19 novembre 2018
• Les communicants disposeront de 25 minutes pour leur exposé, qui sera suivi d’une discussion de
15 minutes.
• Les actes du colloque seront publiés en 2020 dans la série des Travaux Linguistiques du CerLiCO
aux Presses Universitaires de Rennes.
• Les résumés seront diffusés lors de l’inscription au colloque et accessibles sur le site web du
CerLiCO.

Les informations concernant le colloque seront disponibles sur le site du CerLiCO (https://cerlicoasso.wordpress.com/)


Voir en ligne : CerLiCO

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